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26 Sep 2009 
Le raz-le-bol des agriculteurs
Communiqué de Mgr Michel MOUISSE, évêque de Périgueux

Lors de mes visites pastorales dans toute la Dordogne j'ai rencontré de nombreux agriculteurs. J'ai pu mesurer leurs inquiétudes, leurs détresses et des exaspérations qui pourraient conduire à des manifestations extrêmes.

L'actualité est marquée par des gestes spectaculaires des producteurs de lait dans certaines régions et chez nous aussi. Il y a en effet urgence. Mais, plus ou moins, la même crise affecte les producteurs d'autres biens : viande, tabac, fruits, légumes, céréales…

Comment ne pas être exaspéré après que des mois et des années de négociations ne laissent entrevoir aucune porte de sortie ? Que peut-on faire de plus lorsque l'on est acculé ?

L'argumentation des autres partenaires des filières est impeccable : les choses sont ainsi parce qu'elles ne peuvent pas être autrement. C'est une logique qui est en fait une idéologie justifiant la libéralisation des marchés agricoles, la libération des contraintes réglementaires au profit de la régulation par le marché concurrentiel européen ou mondial.

Comme évêque du Périgord je communie aux souffrances et au désespoir des producteurs agricoles de la Dordogne et je réclame pour eux la justice. Ma conviction profonde de croyant est qu'aucune idéologie, aucune logique d'organisation ne saurait prévaloir sur la dignité humaine. Il faut poser la dignité comme préalable à toute organisation. C'est cette dignité que Jésus-Christ n'a cessé de rétablir et d'établir en son temps. Elle est au cœur de la foi des chrétiens.

Je demande, avec les paysans producteurs, la reprise rapide du dialogue avec tous les partenaires du marché européen des produits agricoles, un dialogue ouvert et créatif qui ne soit pas seulement un constat d'impuissance mais une négociation qui accepte le compromis pour une rémunération juste de leur travail, permettant aux paysans de vivre décemment.

J'ajoute que, comme citoyen, je ne puis me résoudre à une Dordogne sans paysans. Avec eux c'est toute une culture rurale, riche de traditions, riche aussi de convivialité, qui disparaîtrait.

Michel Mouïsse

Evêque de Périgueux et Sarlat



24 septembre 2009
26 Nov 2008 
Ca ne s'arrange pas...
1) Les campagnes françaises se dépeuplent. Pas un jour ne passe sans qu’un paysan français clame son désarroi devant les journalistes de la télévision. Les prochains mois verront maints drames dans nos campagnes où les agriculteurs croulent sous les dettes, tandis que baissent leurs prix de vente. 

2) Pourtant les prix dans les supermarchés connaissent une inflation record. Rien n’indique que le gouvernement veuille contenir cette inflation. C’est pourtant l’intérêt électoral de la majorité parlementaire de faire quelque chose en ce sens.

D. J.